''To become happier is a fun process. It’s not like a grueling struggle. All you’re trying to do is find those things that make you happy to do them...The important thing is to recognize that your time has always been and will always be yours...''

9 Jul 2013

Picking up cherries and making cherry brandy and juice june 2013 Erdevik

Davor- Ruz picking up cherries


 
From their diary > Mercredi 15 mai. Nous quittons les débats théoriques de Zagreb pour prendre pieds dans une des réalités rurales de Serbie. Notre destination est en Voïvodine juste à la frontière croate, Erdevik, un petit village créé au 19e siècle par les Allemands dans leur exploration des plaines fertiles des abords du Danube. Avec son plan en damier, le village intègre de coquettes rues aux façades peintes et frontons monumentaux avec des champs tout en longueur à l'arrière des longères. Le village se rêvait à l'époque auto-suffisant, chacun devait pouvoir produire pour une famille de six personnes. Aujourd'hui encore, la plupart des habitants, à l'image de Branko avec qui nous passons quelques soirées, élèvent chèvres, poules et lapins, cultivent leur langue de terre et fermentent le jus de raisin en un vin acide et terreux.

Derrière le portail de la longère où nous nous installons pour une petite semaine, une famille serbo-britannique expérimente une vie utopique depuis 2 ans. Beba, Serbe de Bosnie, a rencontré son irlandais de mari, Callum, à Londres. Leurs deux fils nés, elle a décidé de revenir s'installer dans ses terres de cœur. Rêveuse, virevoltante, fantasque, lunatique aussi, elle a fait de son foyer une résidence artistique et un lieu d'expérimentation agricole. De toute la terre affluent des peintres, photographes, sculpteurs qui viennent trouver l'inspiration dans le parc naturel de Fruska Gora et les vignes de Voïvodine ou se frotter aux techniques de permaculture.

La vie n'est que surprises avec Beba. Un jour il s'agit de porter un message et de l'argent à la poste. Personne n'y parle un mot d'anglais, nous devons nous y prendre à deux fois avant de mener à bien notre mission. Le petit colis était en fait destiné à un voisin emprisonné qui purge quelques mois après avoir touché le fond. Sa femme partie avec un réfugié après les guerres des années 90, il a sombré dans l'alcool et accumulé les dettes, vendant brique par brique et tuile après tuile sa maison aujourd'hui en ruine.

Le dimanche nous voit prendre le chemin de l'église catholique en un bien étrange cortège. Beba et Callum qui veulent faire confirmer leurs deux fils afin de pouvoir les envoyer dans une école catholique anglaise, les deux enfants qui suivent en traînant les pattes, un italien de passage comme nous, Roberto, très croyant et qui cherche désespérément à se faire confesser, et des voisins dont l'un s'imagine être la réincarnation du Christ depuis une attaque. Avec Beba en meneuse de troupe, blouse rose, jupe jaune et collants rayé, toutes les têtes se retournent sur notre passage.

Le gîte est offert chez Beba mais se monnaie avec une œuvre. Nous complétons la collection de cabanes à oiseaux. Ainsi acceptés, nous gagnons le droit de laisser notre profil peint sur le mur de la cuisine, dans cette galerie de visiteurs anonymes qui tous ont imprimé une part d'histoire dans la mémoire de Beba, merveilleuse conteuse.


Jasmina and Dusan came to visit us, brought us a lovely jam made of ##dud'' and helped us to pick up cherries in Davors garden ... 

1 comment:

  1. Nous allons goûter ce délicieux jus de cerises :)

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